C'est à bord de notre "destrier", un tandem Canondale acheté usagé en 2006 que nous dévalerons les Andes, sans complexes, cheveux poussiéreux au vent. À l'origine, l'achat de ce tandem a permis à la petite Eugénie, âgée alors de 7 ans, de participer aux cortèges cyclistes familiaux. Des blocs d'appoint ont d'abord été intégrés aux pédales afin que ses courtes jambes lui permettent de participer à l'effort collectif.

   

image

2014-10-30 17.37.47

    À dos de tandem, la personne de dernière (moi, Hélène) se fait beaucoup secouer. Ne voyant pas les aspérités de la route, les chocs sur les os fessiers sont fréquents et souvent violents. Après de nombreux changements de selle, celle qui me satisfait, c'est la selle Brooks. Jumelée à une suspension Crâne Creek Thudbuster, les chocs sont amortis et je peux enfin admirer le paysage en toute quiétude.

Les pneus

 

Nos expériences sur vélos de route nous amènent à croire au fait qu’un pneu étroit est dans l’absolu plus efficace (plus léger, plus aérodynamique, bande de roulement plus étroite). Nos vécus sont confirmés de façon empirique par la grande masse des cyclosportifs, qui roulent sur du 700X23 ou 700X25 (les plus légers sur aussi étroit que 700X19).  En sacrifiant un peu d’efficacité, on gagne sans doute en confort avec du 700X28, la question étant de trouver le meilleur équilibre (confort/vélocité).

 pneus-velo

 

Nonobstant les opinions  de nombreux cyclotouristes européens,  on voit bien peu de vélos hybrides et de gros pneus dans les cyclosportives et les randonnées populaires de plus de 100 km au Québec.  Or si rouler avec du 700X37 ou 700X42 étaient aussi ou plus efficaces que des pneus étroits, il me semble que nous verrions un bien plus grand éventail de gros pneus au Grand Tour et autres rides organisées par Vélo-Québec.

Selon moi, deux tendances de voyageurs à vélo se dégagent; Le type de vélo et de pneu devant à mon avis être choisi en conséquence. 

 

a.)  Anciens cyclistes de route qui passent au cyclotourisme pour voir du pays.  Pour nous (et eux!), la performance (vitesse moyenne, kilomètres parcourus par jour, importance des dénivelés, top speed) reste un enjeu, moins significatif que lors des sorties avec les copains, mais encore suffisamment importante pour maximiser l’efficacité sans trop sacrifier à la polyvalence et au confort.

 

2014-09-14 17.43.40b1.)  Les randonneurs du dimanche qui ont roulé surtout sur des vélos hybrides ou des vélos de ville, et qui passent aussi au cyclotourisme pour voir du pays.  Ce groupe comprend souvent les nouveaux voyageurs à vélo qui ont peu ou pas d’expérience de route, et qui vont donc privilégier le confort et la polyvalence avant l’efficacité.  Les Européens semblent davantage majoritaires  dans ce groupe, et les vélos vendus là-bas sont plus souvent que chez nous du type hybride (poignées de type papillon, pneus plus larges, plateaux plus petits et éventail des développements moins sportif).  

 

b2.)  Une variante intéressante de cette 2e tendance sont les aventuriers qui ciblent les sentiers les moins fréquentés, les chemins de brousse, les routes défoncées.  Comprenant notamment les cyclistes issus du vélo de montagne, qui apprécient particulièrement quand ça brasse et quand c’est très difficile, en montée comme en descente.  

 

Pour rouler sur des mauvaises routes avec des bagages, je suis d’accord qu’un pneu plus mou rebondira moins, 

 

Si l’objectif du  voyage au long cours convoité se veut  sur des routes et pistes en mauvais état. avec 30 kg de bagages les arguments du poids plus faible et de l’aérodynamisme ne tiennent plus, et sur piste en mauvais état, une faible bande de roulement est un inconvénient.

 

Au Québec, les vélos de cyclotourisme sont plus souvent issus du monde de la route, tel les Marinoni Turismo, Trek 520, Opus Largo etc.  Beaucoup d’entre nous privilégions davantage les routes pavées aux chemins défoncés, où toutes ces machines plus aérodynamiques et plus roulantes sont à leur meilleur.   Or j’ai rarement vu plus gros que 700x32 sur ces machines de voyage, même lourdement chargés.

 

Et un avantage notable d’un cyclotourisme de type sportif est qu’il est suffisamment polyvalent pour tenir la cadence des pelotons rapides lors de nos randonnées cyclosportives.  Je roule en solo sur un Mikado Radisson et je tiens aisément des moyennes voisinant les  30 km /h et plus sans bagage (chargé, ça va moins vite …).  Avec du 700x42, ça me semble pas facile de tenir cette cadence longtemps?

——————

Les choix de développements et de dérailleurs suivent selon moi la même analyse.  Bien sûr, plus le voyage est long et plus la charge promet d’être importante, plus il importe d’avoir des développements longs qui permettent de passer partout.  Si en plus le candidat cyclotouriste en vient à choisir des trajets qui comportent des montées abruptes et caillouteuses, des sentiers trop étroits, ou toute autre difficulté de même type, un plateau aussi petit que 24 permettra d’atténuer l’effort requis.   

 

Mais si 80% et plus des trajets envisagés se font sur pavage asphalté ou comparable, un plateau de  50-40-30 et une cassette 13-32 permettront à la plupart de passer partout.  Il serait alors possible de tenir de meilleures cadences lors de conditions favorables (long faux-plats descendant, forts vents de dos, etc).  

 

Sur notre tandem, notre plateau est un 52-40-30;  Or, nous avons perdu l’usage du gros plateau pendant 2 jours cet été lors de notre traversée des USA, au Wyoming.  Frustrant de pédaler dans le vide dès que nous dépassions 45 km/h, notamment dans les longues descentes de Yellowstone vers Jackson Hole!  

________

En conclusion, tout est question de bien anticiper ses besoins.  Beaucoup de nouveaux cyclistes débutent modestement avec des hybrides plus ou moins performants, selon les sous investis.  S’ensuit quelques sorties avec des copains plus rapides sur de belles montures sportives,  et dès la fin de saison le beau hybride est remplacé par une monture de course belle et racée.  Difficile ensuite de revenir en arrière et de rouler sur des machines plus poussives.

Le cyclotourisme n’est pas très différent.  Rouler sur un vélo plus rapide permet de faire plus de distance sur le même nombre d’heures pédalées, sinon moins d’heures pédalées pour une distance équivalente.   Cependant, le choix de route est plus restreint, notamment si les pays choisis n’ont pas un réseau routier comparable au nôtre (enfin …)