Mexique 2e partie

Table des matières

Viva Mexico!

 

Hier marquait la fin de l’année.  Je laisserai à Normand le plaisir d’élaborer les statistiques qu’il tient méticuleusement.  Je peux cependant dire que, grosso-modo, nous avons parcouru 9500km depuis le début du voyage en juillet 2016 et monté près de 80 km d’altitude, soit l'équivalent de plus que 9 fois le mont Everest!  

 

Nous avons surpassé notre record de temps passé sur le vélo qui était de 5 mois sur la route en 2014.  Associé à ceci, un corps plus tonique et fort, mais aussi, présentement, plus fatigué.  Ces quelques journée passées à nous reposer sont définitivement bienvenues.  

 

Nous sommes à Aticama, dans une maison louée par Nicolas, Marie-Josée et leur famille pour le temps des fêtes, des amis de Chambly.  Leur invitation a suscité un intérêt pour nous car ce sont un peu ces lignes tendues qui dictent le déroulement de notre voyage et le choix du trajet.  Nous n’avons pas d’itinéraire précis, alors nous « surfons » sur la route, dévions notre trajectoire au gré des offres ou des suggestions de villes à visiter ou de sites à voir.  

 

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés sur le train El Chepe qui, au départ de El Fuerte, parcourt un trajet en haute montagne offrant des paysages spectaculaires.  Ce détour nous a été proposé par Thomas et Marianne, cyclistes suisses allemands rencontrés dans Baja California, plus précisément à Mulege, dans la baie de Concepcion.  

 

 

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Vue sur la Bahia de Concepcion

 

 

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Avec eux, nous avons fait la rencontre d’un requin-baleine de très près lors d'une excursion de bateau au départ de la plage splendide et tranquille où nous campions depuis la veille. Quelques plages visitées dans cette baie, plus belles les unes que les autres ont ralenti notre course dans les montagnes et les plaines arides de Baja.  

 

 

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Requin baleine

 

 

Bien que le début du trajet de Loretto à La Paz ait été magnifique, la suite s'est gâtée un peu.  La monotonie d'une longue route droite et plate s'est emparée de nos jours et nous avons dû user de beaucoup de créativité et de listes musicales pour divertir nos cerveaux qui menaçaient de devenir gélatineux.  Plusieurs kilomètres de travaux routiers ont allongé nos journées déjà bien remplies.  D'autres cyclistes ont cédé et ont choisi de sauter dans le premier pickup venu.  Pas trop notre genre, hein Normand?  

 

 

 

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À La Paz, un petit arrêt chez Tuly, super hôtesse warm-shower où nous avons retrouvé Benoit et Tess que nous avions perdu de vue depuis quelques semaines. Au menu, la fameuse fondue suisse promise depuis longtemps, rapportée directement d'Europe par la soeur de Benoit.  Beau petit party où se sont joint à nous l'autre coupe Suisse Marianne et Thomas, la sœur de Benoit et un couple de Taïwan.  Un beau mélange culturel comme nous les aimons.  

 

 

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Notre généreuse Tuly!

 

 

Los Cabos

Un détour pour faire plus joli sur la carte?  Normand et moi en sommes bien capables.  À part les quelques plages qui bordaient le trajet qui auraient pu être d'un certain intérêt si la température s'y était prêtée ainsi que quelques jolis villages traversés, la péninsule ne nous a pas rendu la monnaie de nos efforts et le détour s'est avéré être parfois pénible en raison du fort achalandage sur l'unique route à laquelle nous avions accès.  La zone hôtelière nous a également empêché de profiter des paysages de la côte.  

 

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Un des nombreux piquants rencontrés sur la route

 

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Camping sur une des seules plages publiques toujours accessibles au gens du coin

 

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À Todo Santos, nous avons déniché cette plage déserte.

 

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Une délicieuse "ceviche" pour Normand
 

Retour chez Tuly à la Paz avant de prendre le traversier, cette fois, c'est Normand qui cuisine sont fameux risotto pour les deux autres cyclistes accueillis et pour trois amies de Tuly.  

 

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El Chepe

Le train fût une expérience unique et marquante.  Un train de passagers qui avance à petite vitesse et parcourt un trajet en lacets pour gravir les montagnes a plus de 2200 mètres et offre des paysages spectaculaires.  Nous avons fait escale de 24h à Divisadero pour profiter de la vue sur le canyon et avons repris le train vers Creel le lendemain où nous avons exploré l'arrière pays, domaine des Tarahumara, une société indigène qui conserve beaucoup de son héritage ancestral.  

 

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Nous avons réussi de peine et de misère à faire entrer le tandem dans le train

 

 

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Exemple de prouesses accomplies par le train

 

 

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Vue du train "El Chepe"

 

 

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Vue du Canyon à Divisadero

 

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Vue de Copper Canyon

 

 

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Valle de los Monges

 

 

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La Valle de los Monges

 

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Femmes Tarahumara

 

 

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Cimetière très différent des nôtres

 

 

 

Le trajet du mexique profond

Entre Creel et Durango, nous avons pédalé entre montagnes et plaines et traversé des micro-villages, longé des ranchs, fait la connaissance de nombreux mexicains avec qui nous avons de plus en plus de plaisir et de facilité à communiquer.  Leur gentillesse et leur chaleur est toujours au rendez-vous.

 

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Site de camping adjacent à une église abandonnée.

 

 

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Quand nous quittons les routes principales, les chemins perdent en qualité

 

 

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Paparazzi en pleine action

 

 

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Nous nous préparions à camper sur le terrain de jeux et nous sommes allés nous présenter au gens qui habitaient la maison voisine, pour qu'ils sachent qui nous sommes. Alicia et Zenon nous ont spontanément offert de dormir dans l'une des chambres disponible de la maison. Le soir, leur fils Carlos qui parle très bien anglais nous a payé la traite dans le meilleur restaurant du village. Au petit matin, Alicia a fait de tortillas pour le déjeuner. Merci les amis!

 

 

 

Durango

Belle grande ville isolée, notre hôtel donnait sur une rue piétonne, avec la cathédrale comme vue de la fenêtre.  Nous avons parcouru ses rues et son marché de jour comme de nuit.  À l'approche de Noël, les décorations étaient présentes mais étrangement, pas de musique de noël, mais plutôt la musique mexicaine typique qui est omniprésente partout où nous allons depuis deux mois!  Espèce de musique de rancheros, moderne, avec des tubas et cuivres de toutes sortes.  Tout le monde ici connaît cette musique et la chante à qui mieux-mieux.  

 

 

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Normand rêve de troquer son casque de vélo pour un de ces magnifiques chapeaux

 

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Il se demande si ce sombrero pourrait le protéger en cas de chute...

 

 

 

Le traversée des montagnes

De Durango à Mazatlan, il y a la Sierra Madre occidentale à traverser.  Heureusement pour nous, nous partions du côté plus facile.  N'empêche, pour nous compliquer l'existence, nous avons eu une double réparation à faire sur les roues.  L'une, obligée car une épine de deux centimètres avait pénétré le pneu avant, l'autre de prévention car le revêtement de caoutchouc se détachait du pneu.  

 

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Le thermomètre indiquait -5 en ce petit matin du 24 décembre.

 

Après une nuit de camping dans les montagnes sous le point de congélation, nous avons choisi de nous faire plaisir en passant le réveillon de noël dans un hôtel douillet et chauffé de El Salto où des cycliste nous avaient recommandé de ne pas mettre les pieds.  

 

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Festin de noël en préparation

 

Noël

Enfin un Noël sans la frénésie capitaliste que je lui reproche!  La température estivale, parfois automnale, jamais hivernale nous a fait oublier que nous étions en décembre.  Dans les commerces de ce pays pourtant très catholique, il n'y a pas l'aspect très commercial de chez nous.  Un peu de décoration, une chanson de noël de temps à autre, un petit sapin décoré aperçu dans une maison, des voitures pleines de bagages témoignant d'une période de vacances.  

 

 

 

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Épicerie grande surface le 24 décembre à 17h. Même pas de musique de noël et seules quelques guirlandes trahissent l'époque de l'année!

 

 

La traversée des montagnes fût par la suite, plutôt agréable en empruntant l'autoroute.  Bon accotement, pavage impeccable, vues splendides, traversée de 115 ponts et 63 tunnels.

 

 

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Pont Baluarte

 

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Arrêt obligé (à sec dans nos provisions) à un de ces boui-boui en bordure de route m'a rendu malade.
 

 

La côte

La descente implique également le retour au climat chaud.  Ici, il est aussi très humide et tropical.  La végétation devient luxuriante et abondante.  Les odeurs, insectes, bactéries également.  J'ai fait ma deuxième rencontre avec les amibes du coin qui m'ont refilé la jolie Tourista du temps des fêtes.  Fin de parcours plutôt difficile à cause de l’humidité de la chaleur tropicale, des crampes intestinales, des inconforts de sièges et tendinites d’omoplates dus aux longues heures accumulées sans trop de journées de pause (une seule en 18 jours).  Bien qu’entourée de magnifiques paysages qui changent à chaque courbe ou chaque col traversé, mes pensées des derniers jours étaient plutot orientées sur les douleurs qui m’accablaient. 

 

 

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Charmant centre du village de Concordia

 

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Socialement 

La vie sociale est passée de vie nomade avec d'autres cyclistes dans Baja à vie nomade à deux avec rencontres des gens du coin.  Nos rapports avec d'autres voyageurs et les membres du réseau warm Shower nous manquent, bien que nous gardions un contact virtuel avec certains d'entre eux.  Nous suivons attentivement leur progrès.  

 

Les pauses 

Les pauses sont certes des occasions de visiter les lieux, de se reposer, de faire les mises au point matérielles, de faire des démarches administratives, de contacter nos proches.  Pour moi, elles sont devenues des occasions de redevenir des gens normaux aux yeux des locaux.  Au Mexique, nous attirons beaucoup l'attention.  Les gens qui nous dépassent se retournent sur notre passage à s'en donner un torticolis, beaucoup de coups de Klaxons amicaux, des sifflements.  Les gens se font des commentaires entre eux et rient beaucoup.  Les enfants sont unanimes, ils trouvent ça très "cool". Pour la personne que je suis, toute cette attention est passée de charmant et rigolo, à gênant et lourd et j'ai parfois hâte de m'habiller en civil et passer inaperçu, bien que mon look "gringa" me suivra partout où j'irai jusqu'à mon retour.  Normand semble mieux s'accommoder du vedettariat. 

 

 

Vos commentaires sont toujours les bienvenus.  Pour ce faire, rendez-vous sur la page "Où nous joindre?" en bas de la page.  Cette option est dans la barre de menu de la page d'accueil, ou parfois disponible en bas du texte actuel.

 

15 Comments on “Mexique 2e partie

  1. Que de bonheur pour vous … et vos lecteurs.
    Je vous souhaite qu’il continu sur sa lancée en cette année 2017. Que cette nouvelle année soit riche en rencontre surtout car il est bon de se sentir libre comme l’air, sans attache, avec comme objectif : l’aventure humaine.
    Vous me donnez toujours autant d’émotions à vous lire et grâce à vous, beaucoup de souvenirs remontent à la surface dès que je me balade sur votre blog.
    Take Care

    1. Bonjour Séverine, Manill et Luna
      Nous sommes maintenant rendus au Pérou depuis une dizaine de jours, après avoir traversé la Colombie en 61 jours et l’Equateur en 29 jours. Ces deux pays nous ont particulièrement charmé, presqu’autant que le Mexique.
      Au Pérou, la haute montagne omniprésente nous rappelle vos Pyrénées, que nous avions eu tant de plaisir à parcourir en 2011. Souvenirs de vos enfants qui étaient alors encore tout petits, de votre belle maison à Biganos, de cette magnifique randonnée que nous avions fait tous ensemble autour du bassin d’Arcachon.
      Autres beaux souvenirs chargés d’émotion, de vous avoir tous revus près de Vancouver à la fin de l’été 2016, alors que nous étions en début de périple à travers nos Amériques.

      Au plaisir de croiser nos routes de nouveau, un de ces jours!
      Normand et Hélène

  2. Quel plaisir de vous lire ! Et vos photos sont superbes. Je vous souhaite une très heureuse et superbe année 2017 remplie de belles découvertes !

    En tous cas, si je m’ennuie au travail, je sais où aller regarder pour rêver à ces endroits paradisiaques que vous traversez. Ici, dans la région de Montréal, c’est pluie, verglas et neige, puis neige verglas et pluie, puis on recommence… La neige ne reste pas belle longtemps à cause du verglas.

    La prochaine fois que vous roulerez sur une route longue et platte, imaginez-vous transis sous le verglas, dérapant à gauche et à droite, ou coincés dans un long, très long, très très long bouchon de circulation au pays des cônes oranges…

    1. Merci Bruno, pour tes commentaires encourageants et toujours pertinents. Vos interventions à tous et chacun sur nos blogs, sur Velocia.ca ou sur notre groupe Facebook sont notre pain et notre beurre, nous font pédaler plus vite, plus haut et plus loin! Merci!

      N et H

  3. Coucou Hélène et Normand!
    Ça roule votre affaire à ce que nous voyons! On sent toutefois une certaine fatigue…Comme nous l’avons si souvent répété et comme nous l’avons appris nous-mêmes à la dure parfois, rien ne vaut une vraie pause de 2 jours au moins après environ 4 jours en selle, pour remettre de l’énergie dans le coup de pédale. Ce n’est pas toujours applicable aussi radicalement mais chaque fois que nous l’avons fait, ça allait mieux. Nous profitions souvent d’un endroit plus joli ou sympathique, que nous visitions tranquillement une journée pour ensuite relaxer l’autre jour. On en vient à aimer ne VRAIMENT RIEN FAIRE! Ça ravigote! Et bien sûr, quelques pauses plus longues ici et là, histoire de laisser guérir certains petits bobos ou rhumes…ou pour profiter du charme de l’endroit et des attraits divers. Quand on est en voyage à vélo, on a parfois tendance à oublier la partie ‘voyage’…qui implique prendre son temps pour découvrir…pour seulement ‘performer’ côté vélo…Maintenir un bon équilibre entre les deux, c’est ça le défi!
    Nous vous souhaitons une belle année 2017, remplie de nouvelles aventures palpitantes. Le Mexique que vous visitez nous parait encore plus sympathique que la partie que nous avons parcouru. Nous nous promettons de retourner dans ce pays un de ces jours, c’est sûr! Je m’ennuie de la cuisine!!!
    Denise et Charles

  4. Oui des pauses plus fréquentes, bonne suggestion. Je pense à vous. Prenez soin de vous. Bonne route et bons baisers. Victoire

  5. Résumé très intéressant et toujours plaisant à lire. Pourquoi ne prenez-vous pas plus de journées de pauses? Est-ce qu’il manque d’attraits à visiter? Bonne continuité. Martial. P.s moi je retourne au travail demain :-/

    1. Paradoxalement, on s’est un peu dépêché pour avoir une pause plus longue! Nous avions envie de passer du temps à la mer et prendre des pauses nous aurait fait manquer l’activité plage prévue au programme chez notre ami.

  6. Salut à vous deux, j espère que tu vas mieux. Le récit est tes intéressant et belles photos. Merci de nous donner des détails .

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