Auteur : hgiguere

novembre 16, 2017 hgiguere 5 comments

Pérou sud - 2e partie

De Lima à la Bolivie

À Lima, nous avons pris contact avec la casa del ciclista et Pedro nous a offert son aide en nous accompagnant lors de notre recherche de pneus, le secteur pour nous y rendre étant présumément trop dangereux.    

 

Ce soir, un gros match de Futbol oppose le Pérou à l'Argentine.  Un match historique qui propulserait le gagnant au mondial de Russie.  Pour la première fois en quelques décennies, le Pérou avait une chance de tailler une place au soleil.  La Plaza de Armas était fin prête à accueillir la population et des installations d'écrans géants entouraient les lieux. Nous nous somme empressé de quitter les lieux qui promettaient quelques turbulences. 

Pedro préparait un voyage dans deux semaines au site de Machu Picchu, en vue du festival du cyclotourisme du Pérou qu'il organise pour l'an prochain.  Son projet de se rendre à vélo jusqu'à Aguas Calientes (base de la montagne Machu Picchu accessible seulement en train ou à pied) nous a grandement allumé, assez pour orienter nos plans afin de nous synchroniser avec lui.  

Arrivés à notre auberge, alors que Normand s'apprêtait à installer les nouveaux pneus, voilà que le corps de cassette tombe en mille et une pièces sur le plancher!  Ouf!!!  Nous l'avons échappé belle une fois de plus!  Nous sommes exactement au meilleur endroit au Pérou pour trouver la pièce brisée!  Tout près de notre auberge, se trouve justement une boutique de vélo tenue par Jeromio, un vrai pro du vélo!

 

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Cuzco

Cuzco est une ville très agréable, à dimension humaine.  Oui, elle est touristique.  Contrairement à la plupart des voyageurs que nous rencontrons qui semblent fuir les endroits touristiques, pour nous, il s'agit plutôt d'une bonne nouvelle car nous pourrons enfin manger autre chose que du poulet et du riz.  Enfin, des bons restaurants! Enfin, des supermarchés avec du beurre de pinottes croquant!!  Enfin du bon café!  Vive les touristes!!! 

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Nous avons retrouvé Pedro en route vers Ollantaytambo, d'où nous prendrons le train pour visiter la célèbre cité Inca.

Mais avant, le long du trajet, nous visitons les salinas de Maras.  Les géologues croient que le Pérou était jadis recouvert d'une mer qui s'est asséchée et qui serait emprisonnée par les mouvements tectoniques.  L'eau chargée de sels minéraux provient désormais d'une source souterraine.  Les bassins des salines sont d'origine pré-Inca (1430) et sont toujours exploités aujourd'hui.  

Ollantaytambo était notre base pour visiter le Machu Picchu.  Alors que je m'occupais à guérir d'une "tourista", Normand et Pedro ont exploré les ruines archéologiques et le marché en vue du souper du soir.   

Au marché, ils ont fait connaissance avec Yolanda, une marchande tisserande et il a été convenu que nous irions lui rendre visite dans son village de Patacancha, à une heure de bus dans la montagne.

Le lendemain, nous avons pris un bain culturel chez Yolanda, entourée de ses enfants.  Elle nous a fait une démonstration de leur technique de tissage, trop complexe pour que j'aie pu en retenir les moindrs rudiments.  Les indiens parlent espagnol pour la plupart, mais certains ont un fort accent quechua difficile à comprendre. 

Le retour clandestin en camion.

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Machu Picchu

Cette cité grandiose fût construite vers 1440 au sommet d'une montagne Andine par les Incas, aux abords de la forêt amazonienne.  C'est un site remarquable au milieu des nuages et entouré d'autres hautes montagnes tout aussi abruptes.

 

Pont de l'Inca

Au retour de cette dure journée, on se repose devant un bon verre de
Pisco sour!!!

En quittant Ollantaytambo toujours avec Pedro, nous empruntons la vallée sacrée de l'inca, zone au climat agréable prisée par les Incas pour la culture du maïs et l'exploitation des minerais qui ont laissé de nombreux vestiges archéologiques dans les montagnes environnantes.  Pedro, qui n'a pas notre endurance et notre expérience sur la route avait du mal à nous suivre et devait constamment ajuster son équipement ou ses vêtements.  Nous avons séparé nos routes, lui tirant vers Cuzco, nous vers la Bolivie.  

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Vinicunca
Rainbow mountain ou
la montagne aux sept couleurs

Notre hôtesse de ce soir, une femme indienne vêtue à la manière traditionnelle nous donne les instructions pour visiter Vinicunca, la montagne aux sept couleurs.  Au souper, un homme prénommé Deón d’une trentaine d’années vient nous parler.  Le départ avec les travailleurs sera à 2:45 am et nous arriverons sur la montagne deux heures plus tard.  Avec les autres détails que nous avons, nous convenons que nous partirons avec eux.  Mais nous ne comprenons qu’à moitié ce qui nous attend.  Ce que nous savons, c’est que c’est 50 fois plus économique que la façon traditionnelle touristique et que nous serons seul sur la montagne.

 

À l’heure convenue, nous répondons présents et nous prenons place dans la boîte d’un camion, couramment utilisée pour le transport de bétail.  La musique péruvienne joue à tue tête et où nous nous cordons les uns contre les autres. On met sur nos genoux une couverture épaisse. C'est un réveil brutal mais son charme tient au dépaysement à la stupeur de se propulser dans une toute autre réalité, celle de ces gens pour qui c'est le quotidien. Le trajet prend 1:30. Arrivés vers 4:30, nous avons sûrement beaucoup monté car le choc de température en sortant du véhicule est grand.   Autour de nous, dans cette obscurité, nous percevons les montagnes enneigées. Deon, notre contact, nous amène dans sa cabane avec ses comparses et on installe par terre notre couche avec des couvertures épaisses.  On nous propose de nous allonger et de nous reposer en attendant le lever du jour et à -10 degrés, sous des couvertures insuffisantes, nous sentons une hâte de partir nous réchauffer en nous activant. 

À 5:00 une lueur à l'horizon nous permet de percevoir le sentier et nous entamons la montée, seuls dans ce silence glacé. Il fait noir, il fait froid. Nous avançons rapidement afin de nous réchauffer, mais à 4500m, la rareté d'oxygène se fait sentir et nous nous essoufflons à rien. Sur fond de neige, un petit groupe d’alpagas broutant se perçoit dans cette noirceur et avec cette  neige, je me demande ce qu'ils peuvent bien trouver à se mettre sous la dent.

 
À mesure que le jour se lève, le soleil nous réchauffe enfin.   Je m’installe sur une roche pour casser la croute.  Normand explore les flancs enneigés, se désolant de n'avoir pas apporté ses skis. Faute de se mesurer à des compatriotes, il compétitionne avec lui même. Moi, je ne compte pas, ça fait longtemps qu'il m'a dépassée et je suis loin derrière, admirant sa vitalité. Je le sens rêver à sa TDL que ce jour enneigé et ce départ matinal lui rappelle sûrement.  Sa forme est à son meilleur.   

 

Vinicunca est un massif montagneux qui impressionne par ses multiples couleurs. La montagne arc en ciel et plutôt blanche ce matin (tellement que nous passons à côté du site coloré sans le voir!), mais quelle importance! C'est tellement beau! Nous poursuivons vers la montagne rouge un peu plus loin pour voir si la neige l'a rosi.

Le paysage est éclatant de lumière et le soleil fait rapidement fondre la neige du versant est.  Les montagnes et leurs couleurs se dissimulent sous cette couche blanche, laissant place à d'autres contrastes de bleu, rouge, noir et blanc. Même Normand s'amuse à ajouter sa touche d'orange. 

Voici Vinicunca version "brochure".  

Voici Vinicunca, version réalité.  

Nous aurions pu être déçus mais cette randonnée fabuleuse a comblé toutes nos attentes

Au retour, alors qu'il n'est que 8h, nous croisons les premiers visiteurs. Les couleurs sont plus vives et perceptibles à cette heure. Durant la descente, nous croisons des centaines d'autres touristes.  Pour Normand, c'est un occasion en or pour démontrer sa grande forme physique et il dévale la pente à grands pas de course tandis que les montagnes dévoilent lentement leurs couleurs... 

...jusqu'à ce qu'il ne s'arrête brusquement devant Dalia Lama, fasciné par tant de beauté.

Arrivés au stationnement d'où il est prévu que nous prenions notre transport de retour avec les travailleurs, il n'est que 11:00 alors que le départ en camion n'est prévu qu'à 14:30. Plutôt que de dîner et attendre le bus à ne rien faire, nous décidons de marcher jusqu'à la route pour faire du stop. 

Le chemin de terre descend en lacets et piquons à travers en ligne droite. Comme si l’aventure n’avait pas été suffisante, nous marchons même dans le lit d'une rivière. Nous mettons 1h30 de marche pour arriver au village suivant. Là-bas, nou trouvons dans un restaurant destiné aux autobus touristiques de passage. À prime abord, la dame refuse de nous servir. Mais toutes c’est tables, ustensiles, condiments, prêts pour des clients?  Après nous avoir dit d’aller voir la tiendra d’en face (fermée!) pour trouver quelque chose à manger, la bonne samaritaine en elle a finit par surgir et elle nous invite à nous asseoir.   "Pour le retour, ça risque d’être compliqué.  Les seuls véhicules qui passent par là sont soit nolisés ou pleins", nous dit la dame du restaurant.  Il se peut que nous devions dormir ici (!)  

Après le goûter, nous sortons et nous mettons sérieusement à faire du pouce de façon intensive, si bien que le véhicule suivant s’arrête sec!  Quelle chance!!! Un camping car (rarissimes par ici!!!).  J’aborde le conducteur en lui disant:  « Vous parlez surement français!!! »  Eh oui!  Et toute une famille!  Ils sont huit.  Six enfants avec leurs parents.  Partis de New York cet été, ma fois, c’est plus rapide que nous!!!  Et c’est la joie de partager nos histoires et nos trucs.  Tellement fantastique, ce voyage!!!

Notre charmante chambre pour le repos du guerrier.  Nous nous félicitons souvent de notre petite taille en ce pays où les constructions sont parfois concues pour des tailles de hobbits.

En quittant la vallée sacrée, les lignes de montagne se sont arrondies, se sont adoucies et se sont éloignées de nous, faisant place graduellement à la plaine et au vent qui vient avec.  Au petit matin, le temps est beau et doux, mais plus les heures avancent, plus les nuages et le vent prennent de l'ampleur et nous avons avantage à terminer tôt pour nous mettre à l'abri du vent et de la pluie.  
 
 
 
 
 
 

Nous entrons tard dans la ville de Juliaca qui est sale et polluée de bruit et de fumée.  La circulation est infernale et les rues sont en sable, et sont soulevées par le vent violent, nous bouchant la vue!  Alors que nous roulons sur la rue, l'espace se rétrécit  et il fait nuit.  Des marchand occupent la rue partout, n'importe où et nous peinons à nous frayer un chemin à travers cette anarchie totale dans la désormais obscurité. 

 

Le jour suivant, entre Juliaca et Puno, nous dénombrons 171 monuments funéraires le long du chemin sur une distance d'à peine 25 km.  Les routes de cette région semblent particulièrement meurtrières et nous rappellent à la vigilance.

  

À Puno, nous sommes accueillis par Juan Carlos, hôtelier particulièrement chaleureux de l'hôtel Andean Sundowner à qui nous reférons plusieurs cyclistes que nous rencontrerons les jours suivants.  À cette hauteur du lac Titicaca, le lac est plutôt discret.  Nous devrons atteindre la Bolivie pour en apprécier toute la splendeur

 À suivre...

 
 
 

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