Mois : novembre 2016

novembre 20, 2016 hgiguere 4 comments

Introduction au Mexique

Mexique 101- Introduction

 
 
Nous savions, pour l'avoir lu à maintes reprises sur des blogs et pour l'avoir même vu sur video ce qui nous attendait à la frontière mexicaine et au final, ça s'est plutôt bien passé, même si nous avons eu un peu de fil à retordre.  
 
 
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Le passage pour piéton ne prévoit pas les gros engins dans notre genre.  Il y a bien une porte cadenassée juste à côté, mais cette option a été rejetée car elle nécessite l'accord et la synchronisation de plusieurs autorités de part et d'autres de la douane et prendrait plusieurs heures car pour ce faire, on doit ouvrir la frontière.  Passer du côté des voitures n'est également pas une option envisageable, nous a-t-on dit, car l'autoroute qui y mène est interdite aux vélos. Nous avons tourné une petite video pour en montrer le dénouement.  Apres cette guérite, ce fut du bonbon.
 
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On ressent tout de suite un dépaysement.  La modestie des maison ne laisse pas de doute, nous sommes en terrain de pauvreté.  Nous avons eu beau nous faire savonner les oreilles par tous ceux qui nous ont fait sentir leur effroi face au danger que représente le Mexique, nous ne nous sentons pas en danger.  Tout le monde nous encourage vivement, nous salue chaleureusement, klaxonne gaiement. Les rues sont, en majorité, sableuses et pentues.  Tess nous guide à travers des chemins animés.  
 
 
Au sortir de Tijuana, une autoroute à trois voies dans chaque sens s'offre à nous, déserte, nous donnant l'impression d'une piste cyclable géante que pour nous.  
 
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Une pancarte indiquant la bienvenue aux cyclistes me laisse criblée de perplexité...
 
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La route mène à une ville très étrange.  Elle est construite de maisons identiques qui se succèdent à la queue leu-leu.  
L'autre partie n'est construite, mais pas habitée.  La route s'arrête ici.  Ensuite, pour rejoindre l'autre village, puis, la route 3, nous devons faire des recherches actives et la seule issue que nous trouvons est un filet de chemin de sable qui mène à un autre chemin de sable que nous emprunterons pour le reste de la journée 10 km de sable, poussière et gros camions.  
 
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Avec un taux de change de 1$ CAD pour 15 pesos, les gros prix ont tendance à nous faire peur, alors on dépense moins, alors qu'en fait, c'est pas cher.  450 pesos pour une nuit dans un bel hôtel, ça nous revient à 30$ CAD!  
 
 
 
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Si désert signifie peu habité par l'humain, alors je veux bien l'appeler ainsi, car c'est vrai, les distances sont longues à parcourir  entre les quelques hameaux qui peuplent la région.  Dans ces pueblitos (mini villages), nous trouvons de quoi boire et manger.  Un tout petit resto de tacos tout au plus, quatre murs de bétons chapeautés d'un toit de palme en guise de dépanneur où l'on vend le minimum (biscuits sucrés, bière, boissons gazeuses et eau), et quelques maisons de fortune qui semblent plus ou moins habitées.  
 
 
 
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Un coup de chance et nous tombons sur ce super resto!
 
 
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D'autres fois, abierto signifie fermé
 
Mais le désert ici est bien plus vert que certaines régions de la Californie. Après avoir connu les plaines californiennes jaunies par le soleil et la sécheresse, nous sommes époustouflés par la verdure qui domine le désert de Baja.   La faune et la flore sont très diversifiées, composées de dizaines de varietes de cactus et de plantes grasses.  
 
En fait, c'est comme si le désert était tout sauf désert,  nous avons croisé la route de nombreux animaux:  coyote, road runner (geocoucou), condors et oiseaux de proies, pic-bois, lièvres à oreilles longues et bien sûr une végétation très variée.  
 
 
 
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Photo empruntée
 
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Elles aussi, évidemment!
Bugs Bunny
Photo empruntée
 
 
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Nous avons croisé à quelques reprises un couple de suisses.  
 
 
 
La vie foisonne ici.  La "valle de los Cirios" est une aire protégée supportant plus de 664 espèces de plantes,  215 espèces d'oiseaux, 53 de mammifères et 53 espèces de reptiles et un millier d'espèces invertébrés, dont 23 espèces de scorpions et sur les 19 espèces de serpents, seulement 5 sont dangereuses.  La plupart des espèces vivant ici sont endémiques faisant de ce désert l'un des plus biodiversifiés de la planète.  
 
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Fouquieria columnaris. On dirait un sapin du désert, ça ne pousse qu'ici
 
 
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Malgré toute cette peuplade, le désert demeure l'endroit le plus paisible pour dormir.  Ici, aucune meute de chien pour se relancer d'une bande à l'autre en aboyant toute la nuit durant, aucun coq pour chanter faux aux petites heures du matin, aucun matou pour arroser notre tente de son jet nauséabond et persistant, aucun pompier pour faire la fête, aucune cigarette pour nous amener au bord de la nausée.  Tout au plus un petit coyote qui appelle sa douce à la lueur de la nuit - charmant! .  Pas même un grillon.  Le calme plat entre le passage plus ou moins long (selon l'heure) de deux semi-remorques usant de leur moteur frein dans la vallée.  La nuit, le tapis d'étoiles nous éclairent de leur lustre le plus pur, nous rappelant la neige scintillante fraîchement et délicatement tombée.  L'air est doux et bon et nous retardons le moment de nous mettre au lit.  Il est seulement 19:30 et il fait pourtant nuit depuis déjà deux heures.  Ça fait bizarre...
 
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Les paysages sont variés et se succèdent au gré des col et des vallées.  Tantôt touffu et rocailleux, tantôt sec et plat, tantôt montagne, tantôt volcan, tantôt oasis, tantôt plage.  Les cactus semblent particulièrement adaptés au climat puisque on ne les trouve jamais morts.  Pas de cactus tombés ou desséchés sur place.  Tous bien dressés et bien verts.  
 
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Nous avons mis au point un tout nouveau type de crevaisons depuis que nous avons remplacé la roue arrière.  Le "BLOW OUT" de fin de journée, le genre à nous faire généralement exploser...  Impossible à réparer, cette crevaisons spectaculaire s'apparente au coup de feu et implique le sacrifice d'un tout nouveau tube (en général installé la veille), et a pour effet de vraiment stimuler nos méninges afin d'en connaître la raison.  
 
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C'est ainsi que Normand a même fait une crevaison sur son matelas en dormant.  Heureusement, ce n'était pas un "blow out"! Mais cette nous avons trouvé le responsable.  Un beau "goathead
 
 
Depuis que nous sommes au Mexique, je n'entend plus la remarque super stupide venant des idiots que nous croisions partout ailleurs et qui disent à Normand "Hey, elle pédale pas!", et qui se pensent tellement drôle, tellement originaux!  Enfin, mon niveau d'espagnol ne me permet peut-être pas encore de saisir la subtilité de la langue...  Parlant d'espagnol, franchement, c'est pas fort!  J'espère avoir la chance de vivre un peu plus d'immersion pour réveiller mon savoir endormi.  Wake-up bon-yenne! 
 
Pour l'heure, nous sommes au repos.  Les chemins de sable, de cailloux et de gravelle ont eu raison de mon postérieur qui ne supportait plus la selle de tandem, même en peinture.  J'en ai profité pour permettre à Tourista d'exprimer son plein potentiel et ainsi justifier l'extension du repos.  Finalement, il fait bon dans ce petit hôtel de Muleje. Normand et moi avons profité des bienfaits de la plage et de la fête de village pour nous gaver des mille-et-unes merveilles gastronomiques mexicaines.  Qui sait, on prolongera peut-être le séjour un peu...  

 

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En pleine convalescence, assise à l'ombre des palmiers j'ai remarqué leur différence.  L'un portait des noix de coco, l'autre portait des date, et un autre, des petits fruits noirs.  Grosse découverte!  J'ai pas fini d'en apprendre sur cette terre étrangère!